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L’obésité chez le chien

L'obésité est une maladie de plus en plus couramment rencontrée chez les carnivores domestiques. Elle est souvent le reflet de mauvaises pratiques alimentaires et d'un déséquilibre entre les apports alimentaires et les dépenses physiques.

Mon chien est-il obèse ?

L'obésité est décrite chez l'homme comme une surcharge pondérale de 15 % par rapport au poids optimal. Cette définition a été calquée chez l'animal que l'on qualifie alors d'obèse pour une surcharge pondérale d'au moins 20 %. Cependant les critères de «  poids optimal » sont assez difficiles à déterminer chez le chien. Il existe des standards de race mais ils ont assez peu d'intérêt pour des animaux issus de croisement, de plus il existe de grandes variations de poids au sein d'une même race.

Il a donc été proposé de définir l'obésité comme « un état pathologique caractérisé par un excès de dépôt lipidique entraînant des modifications des différentes fonctions corporelles ».

Il y aurait 24 à 44 % de la population canine qui serait obèse. Cette incidence augmente avec l'âge de l'animal et celui du propriétaire. Le manque d'exercice est un facteur aggravant. Enfin, une étude s'est intéressée à la relation sociologique propriétaire-animal obèse, il en est sorti que :

  • Les propriétaires d'animal obèse sont beaucoup plus laxistes sur les « règles » éducatives (le chien dort dans le lit, obéit moins aux ordres, mange quand il veut…),
  •  Ils considèrent que l'exercice et/ou le travail du chien sont peu importants,
  • Les chiens obèses reçoivent plus fréquemment des repas ou des friandises que les animaux non obèses,
  • Les propriétaires d'animaux obèses traduisent toute demande de l'animal comme une demande de nourriture,
  • Ces propriétaires se soucient peu d'une alimentation équilibrée,
  • Les propriétaires d’animaux obèses sont eux-mêmes souvent en surpoids.

Si le poids optimal est inconnu (animal de races croisées, animal ayant toujours été obèse), il faut alors objectiver l'obésité sur :

  • L'importance et la localisation des dépôts lipidiques.
  • La visualisation de certaines parties du squelette : pointe des hanches, côtes.
  • L'aspect de la silhouette de l'animal.

On définit alors des scores corporels, ou note d’état corporel,  (1 : maigre, 2 : mince, 3 : optimal, 4 : gros, 5 : obèse) qui permettent de statuer à un moment donné de l'état d'engraissement de l'animal et de suivre l'évolution de son statut corporel.

L'évaluation de l'état corporel de l'animal repose donc sur sa pesée ET sur sa note d’état corporel.

Astuce : ramenez l’excès de poids ou d’aliment de votre animal à ce qu’il en serait pour un humain.

Mon chien de 7 kg à 2 kg de trop… oui mais si c’était un humain de 70 kg, cela signifierait qu’il a 20 kg de trop (10 fois plus)!

De même (entendu en consultation) : je donne une madeleine à la fin de chaque repas à mon chien de 10 kg… mais serais-je capable de manger 7 madeleines après chaque repas, si je pèse 70kg ?

Pourquoi mon chien est-il obèse ?

L'obésité chez le chien est d'abord due à un déséquilibre entre l'apport énergétique (l’apport calorique) et la dépense énergétique (exercice physique), c'est-à-dire à une suralimentation associée à un manque d'exercice.

La prise de poids se passe en deux phases :

  • La première, dite dynamique, peut s'étendre sur plusieurs mois à plusieurs années et est caractérisée par une augmentation des apports énergétiques, supérieurs aux besoins. Ce surplus est stocké sous forme de graisses.
  • La seconde phase, dite statique, correspond à un animal obèse, qui ne prend plus de poids, et dont l'appétit est souvent normal voire diminué, car l’exercice est limité par l’obésité.

> C'est à cette phase que les propriétaires décrivent leur animal obèse bien que « ne mangeant pas beaucoup ».

L'obésité peut être générée par des causes non alimentaires : un besoin alimentaire réduit, des causes génétiques ou un manque d'exercice. En fonction de la race, du type de métabolisme, du rapport masse maigre/masse lipidique, les besoins alimentaires varient énormément d'un animal à l'autre.

Des facteurs génétiques ont été identifiés dans certaines races comme le Labrador, le Basset Hound, le Cocker, les Teckels, le Shetland, le cavalier King Charles ou le Berger Allemand. Il est également admis que les animaux stérilisés sont davantage sujets à l'obésité car leur métabolisme (utilisation par le corps des apports alimentaires) est beaucoup plus lent et que leur appétit est augmenté. L'obésité se rencontre souvent chez les chiens de plus de quatre ans.

Certaines maladies facilitent ou induisent une obésité : les maladies endocriniennes comme l'hypercorticisme, l'hypothyroïdie (40% des animaux hypothyroïdiens sont obèses) ou le diabète (61% des chiens diabétiques sont obèses) et les maladies qui diminuent l'activité physique comme l'arthrose, les maladies cardio-vasculaires ou respiratoires.

La prise de certains médicaments comme la progestérone, les corticoïdes ou les anticonvulsivants augmente l'appétit et par là-même le risque d'obésité.

Parmi les causes alimentaires, une distribution à volonté et des suppléments sous forme de friandises ou de restes de table sont les principaux éléments de risque d'obésité. Les aliments complets très appétents de mauvaise qualité (souvent bon marché), riches en graisses et en sucres prédisposent, également à l'obésité. Cependant pour les propriétaires, le bon appétit d’un animal est souvent un signe de bonne santé. Ils ont également tendance à offrir davantage d'aliment pour lutter contre l'ennui ou les destructions de leur chien. Ainsi, les causes alimentaires d'obésité incombent quasiment totalement aux propriétaires.

Quelles sont les conséquences de l'obésité de mon chien ?

L’obésité génère un certain nombre de symptômes directs, par exemple :

  • Intolérance à l'effort.
  • Problèmes respiratoires.
  • Collapsus trachéal (écrasement de la trachée).

Elle favorise l’apparition de maladies ou augmente des risques pour la santé :

  • Augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires par augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine.
  • Troubles articulaires : rupture du ligament croisé, hernie discale, dysplasie de la hanche.
  • Aggravation des troubles ostéo-articulaires préexistants.
  • Moindre résistance aux infections, en particulier cutanées.
  • Augmentation du risque d'incontinence urinaire chez les animaux stérilisés.
  • Infiltration graisseuse du foie.
  • Risques majorés à l'anesthésie…

> Il a été montré que pour une différence de poids de 10 kg chez des Labrador (un groupe maintenu à 27 kg et un groupe maintenu à 37 kg), l'espérance de vie est inférieure de 4 ans dans le groupe des chiens de 37kg.

Comment faire maigrir mon chien ?

Rôle du propriétaire

Le traitement de l'obésité repose sur des mesures diététiques et sur l'exercice physique. Ce programme doit être adapté à chaque animal et à chaque propriétaire.

Pour que votre chien perde du poids, il est impératif que vous ayez compris, après échange avec les professionnels de la santé de votre animal :

  • Pourquoi votre animal a pris du poids,
  • Quelles sont les conséquences de l'obésité de votre chien,
  • Quels seront les bénéfices d'une perte de poids de votre animal,
  • Comment faire maigrir votre chien,
  • Ce qui sera difficile pour lui et pour vous dans la prise en charge de cette obésité.

Pour cela, vous devez indiquer, sans rien cacher, tout ce que votre animal mange, comment et pourquoi, et ce que vous êtes prêts à faire.

> L'alimentation a un rôle de communication dans la relation maître-chien et certaines concessions sont difficiles ; dans un autre domaine, il est impossible de demander à une personne ayant une fragilité physique de faire réaliser 2 heures de marche à son chien par jour.

Enfin, le programme sera échelonné, avec des objectifs chiffrés et des visites de contrôle pour que vous puissiez mesurer les efforts effectués et comprendre les écueils lors de l'échec.

Alimentation

La mise en place d'un traitement diététique dans le but de faire maigrir un animal repose sur le recueil précis de la gestion de l'aliment habituel :

Qualité de l'aliment : bien souvent, les aliments bon marché sont de mauvaises qualités, trop gras et trop sucrés et simplement la modification de l’aliment suffit à faire maigrir l'animal.

> N'oubliez jamais que votre chien est carnivore : si la liste des ingrédients des croquettes (en petits caractères derrière le paquet, pas la mention marketing en gros sur le devant !) que vous lui donnez commence par des céréales et non par une viande ou un poisson, cet aliment n'est pas adapté au chien.

  • Mode de distribution : le fait de mesurer (peser) la quantité de croquettes administrée par jour est un des outils de régime.
  • Présence de friandises et d’extras. Ces friandises ou extras alimentaires ont bien souvent un rôle de communication dans la famille et sont souvent difficiles à proscrire. Une astuce pour faire maigrir votre chien est de diviser la friandise habituelle en petits morceaux et de ne donner qu'une petite portion à chaque fois. Une croquette prise dans la quantité d'aliments journalière peut constituer également une friandise.

> Nous rappelons que la récompense chez le chien peut être alimentaire certes, mais elle peut également être une récompense par la caresse ou une récompense vocale par un ton doux et agréable.

Si aucune erreur n'a été repérée dans ce listing, il est temps de mettre en place un régime amincissant.

La restriction calorique consiste à apporter 40 à 60 % de l'énergie nécessaire au maintien du poids optimal.

> Attention il s’agit d’une restriction calorique : l’aliment doit  donc être plus concentré en éléments essentiels pour votre chien : protéines, vitamines, acides gras essentiels, oligo-éléments, sinon il va être carencé.

L'inconvénient de cette restriction est l'apparition parfois de comportements gênants : nervosité, aboiements, vol de nourriture, mâchonnements d'objet non alimentaire, agressivité... Pour contrecarrer cela, il existe des aliments qui présentent une restriction calorique en maintenant un volume d’ingestion important pour réduire la sensation de faim.

Cet aliment est complet et équilibré, souvent riche en fibres pour diminuer la densité énergétique.

Des aliments industriels sont spécifiquement formulés pour la perte de poids. Il en existe de nombreux. Il est possible de concevoir une ration ménagère à visée amaigrissante également. Le choix de l’une ou l’autre formule est discutée avec votre vétérinaire, les quantités journalières sont déterminées précisément ; il est possible aussi de faire des rations mixtes (ménagères + croquettes).

L’objectif est une perte de 3 % du poids pendant les 6 premières semaines et de 2% les semaines suivantes.

Exercice

L’instauration d'un exercice physique vise à prévenir la perte de masse musculaire et osseuse au cours de la perte de poids. Cet exercice augmentera de façon graduelle, et consiste en une marche rapide de 30 minutes par jour (ou 2 fois 15 minutes). Les chiens adeptes de l’eau peuvent pratiquer un peu de natation.

Les médicaments qui font maigrir

Des médicaments indiqués dans la gestion du poids chez le chien agissent en diminuant l'apport énergétique par réduction de l'appétit et de l'absorption des graisses. C'est la diminution de la satiété qui apporte l'effet le plus bénéfique, particulièrement chez les chiens qui présentent des comportements gênants face aux restrictions alimentaires (vol de nourriture, aboiements...). Ces traitements doivent être associés aux mesures diététiques et physiques pour une gestion globale de la perte de poids.

Obésité et stérilisation : quel est le lien ? Que faut-il faire ?

Le retrait des organes sexuels chez le mâle et la femelle diminue de 20 % le besoin en énergie (apport calorique). Cela signifie que pour un poids constant, une activité identique, un animal stérilisé doit manger 20 % de calories en moins qu'avant son opération.

Cependant, tout dépend de l'embonpoint du chien et de son appétit.

Si l'animal a un poids normal et un appétit normal, il suffit de diminuer la ration de son aliment habituel. Si en faisant cela, il est affamé, il convient alors de changer d'aliment après la stérilisation.

Pour les animaux qui sont déjà en surpoids avant l'intervention et qui ont une vie sédentaire, il est conseillé de donner un aliment spécifiquement formulé pour les animaux stérilisés dès l’opération.

Il faut donc adopter une bonne attitude et favoriser un mode de vie sain : peser la consommation alimentaire, éviter la consommation d'aliments supplémentaires et pratiquer régulièrement une activité physique.

Coordonnées

  • Clinique vétérinaire du Tremblay
    129 avenue du général de Gaulle
    94500 CHAMPIGNY SUR MARNE
  • Tél : 01.48.81.83.53

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